Les douanes équatoriennes…

Myriam Vieillard
20 septembre 2013
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Bonjour à tous,

Après avoir reçu un appel mardi m’expliquant que je devais aller trouver les douanes pour faire un « permiso de recibir una donacion », je me suis rendue à Quito car il n’y a que près du nouvel aéroport que nous pouvons les trouver. On m’avait dit que ce serait très simple. Ce fut loin d’être le cas.

Je ne sais même pas par quoi commencer. Quand je m’y suis rendue la première fois ( 1h30 de trajet car le nouvel aéroport se trouve en dehors de la ville ), on a commencé à me dire qu’il me fallait en plus des papiers de notre association en France et en plus du numéro de Ruc, l’inventaire exact de ce qu’il y avait dans les colis. Leur dire exactement était assez difficile dans la mesure où nous n’avions pas compter le nombre de pulls, jupes, chaussures mais je savais que nous avions une espèce d’inventaire avec le poids de chaque carton et du contenu : vêtements, chaussures ou autres. Appel à Catherine en France pour qu’elle m’envoie par mail les papiers correspondants. Je les reçois dans la foulée. Mais malheureusement et croyez le ou non, il n’y a pas internet à la douane. Retour à l’aéroport qui est à 3 kms de là pour trouver un café internet qui pourra également m’inprimer les papiers. De là, retour à la douane mais c’est l’heure du repas. Attente.

Je rencontre à nouveau quelqu’un du service juridique car ils ne veulent pas envoyer un dossier faussé. Ce qu’il faut savoir c’est que j’avais cet espèce de date limite : jeudi soir 18h, pour rappeler Christian, la personne qui s’occupe de nos colis en Colombie et lui dire que nous avions enfin le « permiso » afin que ceux ci puissent enfin être envoyer en Equateur. J’étais donc passablement pressée et stressée par le temps qu’il me restait. La personne au service juridique m’annonce qu’il manque encore des papiers et là ça devient plus compliqué. Ces papiers c’est tout ce qui concerne l’association Ishpingo qui sont les amis qui nous ont fourni le numéro du RUC requis par les douanes pour obtenir le permiso. Il me fallait donc appeler Flore ou Antoine et leur demander de m’envoyer par mail là aussi, le plus rapidement possible tous les papiers officiels concernant leur association. J’ai réussi à joindre Flore mais celle ci ne pouvait pas m’envoyer les papiers avant le soir car elle était beaucoup trop loin de chez elle pour le faire dans la minute.

Retour à Quito pour la nuit. Je reçois à mon hotel où par chance il y a la WiFi les documents tant espérés. Je les imprime et dès le lendemain matin retour à la douane où l’on m’annonce cette fois ci que les papiers ne sont pas bons, qu’ils ne doivent pas être imprimés mais notariés. Pétage de plombs, je n’en pouvais plus d’ocsiller entre espoir et désespoir. J’essaye d’expliquer à ce monsieur du service juridique que je n’ai pas beaucoup de temps devant moi, que ces fameux papiers sont à Tena à plus de 6h de route de là, qu’il a sous les yeux la copie des papiers qu’ils demandent, que si nous n’agissons pas très vite, nos colis allaient repartir en France, que nous n’avions pas les moyens de les renvoyer par la suite. Je ne cessais de penser à tous ces gens qui en avaient besoin et à tous ceux qui avaient travaillé, donné, empaqueté, trié. Je pensais à la communauté qui les attendait, à ces enfants que nous allions gâter, à ces familles que nous allions soulager. J’ai craqué et ce monsieur m’a proposé de ne faire venir que les colis de matériels scolaire car ceux ci sont neufs. Sur 31 colis, il n’y en a que 3 de matériels scolaire, tout le reste ce sont justement des vêtements, des chaussures, des jouets et des peluches. Quel cadeau il nous faisait là ! Les enfants ont besoin de tout ce qu’il y a eu d’envoyé pas seulement de matériel scolaire. Ce monsieur m’explique qu’il ne peut rien faire de plus c’est la loi.

Désespérée, en larmes, je rappelle Flore. Flore, adorable Flore, qui m’encourage à ne pas lâcher et me dit qu’elle va voir un notaire le soir même et qu’elle me fait envoyer les papiers par le premier bus dès le lendemain matin. En désespoir de cause encore et avec la peur qu’il me refasse le coup « il manque quelque chose », j’appelle Mme Gutierrez la sous préfet de la province pour qu’elle nous donne un coup de main car il nous faut aussi un « convenio » une espèce d’accord avec un officiel de la région pour recevoir les donations. Ce « convenio » doit être signé par Flore ou Antoine car leur association est plus affiliée que la notre pour cela.

Entre temps, je reçois un coup de fil d’un avocat envoyé par Mme Gutierrez pour nous donner un coup de main. Rendez vous est pris pour le lendemain à 9h.

Retour à Quito pour une deuxième nuit non prévue. Là je vous avoue que je n’ai pas le moral du tout. J’ai appris entre temps qu’il me fallait des papiers français de l’association, des originaux ou alors des copies certifiées conformes mais par le consulat d’Equateur en France. Nous étions mercredi 18 septembre, nous aurions dû fêter nos 1 ans, j’étais plutôt en train de chercher une solution. Et la seule solution qui nous restait était de convaincre Christian de nous garder les colis plus longtemps. Dans la soirée, je reçois une autre mauvaise nouvelle : Mme Gutierrez est une politicienne pur jus qui ne pense qu’à une chose : sa prochaine campagne politique pour devenir préfet. Et oui, car le « convenio » qu’elle voulait faire signer à nos amis d’Ishpingo signifiait que tout ce que l’on recevait de France, en bien ou en espèce, revenait en intégralité à la sous préfecture. Et quand on sait ce qui se passe ici, on se doute qu’aucun de nos colis n’arrivera à destination car ils seront distribués aux employés zélés ou alors ils y arrivent mais avec l’étiquette de Mme Gutierrez et l’ordre du jour : « votez pour moi ». Hors de question de demander ça à nos amis car cela vaut également pour eux mais également hors de question pour nous. Grosse déception.

Le lendemain à 8h je me rends à la compagnie de bus pour récupérer les papiers envoyés par Flore mais surtout j’appelle Christian, notre dernier espoir de voir un jour arriver nos colis. Et là je saute de joie, Christian est d’accord. Il y aura des frais, je ne sais pas encore combien, mais il est d’accord et j’avoue que c’est tout ce que j’entends. Nous avons réussi à gagner du temps.

Je me rends malgré tout au rendez vous avec l’avocat envoyé par la sous préfet. Je me dis que nous n’avons plus rien à perdre et que tout conseil est bon à prendre. Je suis malgré tout aussi plus sereine. L’avocat m’explique tout ce qui nous manque comme papiers

  • Les papiers officiels de l’association Patou Solidarité, notariés, certifiés et tamponnés par le consulat d’Equateur
  • Une lettre de ma part ( et oui même si je suis sur place, il faut qu’elle vienne de France. Cherchez l’erreur ! ) tamponnée par l’association ( ben oui je ne suis pas venue avec le tampon officiel ) expliquant que nous faisons dons de nos colis à l’association Ishpingo qui se chargera de les amener à la communauté concernée c’est à dire Jatun Yacu. Sur ce point, je sais que nous pouvons leur faire confiance car ce sont des personnes que je connais personnellement, que je cotoie régulièrement et qui veulent juste nous donner un coup de main. Ce sont deux français qui vivent ici depuis 8 ans, mariés tout deux avec des kichwas et ayant des enfants. Leur association s’occupe principalement d’écologie et de pépinières qu’ils développent au fur et à mesure dans les communautés. De belles personnes.
  • ET un autre courrier de Patou Solidarité accompagnant tous les papiers disant que nous envoyons bien les papiers. Je ne sais pas si c’est compréhensible mais il faut un courrier disant que nous joignons les papiers officiels de l’association Patou Solidarité afin de justifier qu’ils soient en Equateur. Je sais : c’est fou !

Et ce cher avocat de m’expliquer qu’une fois que nous auront réuni tous les papiers ( j’oubliais : traduit en espagnol par un traducteur officiel ), il se chargera de tout. Et pour cela il nous demande 500$. Rien de moins. Sans compter les frais de douanes, de garde en Colombie mais c’est tout m’a t’il dit. Donc, en moyenne 600$ dollars ici et combien ensuite pour traduire, notarier etc ici ?

Je suis ensuite allée à l’ambassade de France pour leur demander une quelconque aide mais voilà, c’est une nouvelle équipe. Ils ne sont là que depuis deux semaines. Ils ne connaissent ni le pays ni ce qu’ils peuvent faire pour nous. On m’a gentiment dit qu’ils allaient se renseigner et me recontacter après.

Nous avons réussi à trouver une personne sur Paris qui pourra faire les démarches pour nous auprès de l’ambassade. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à réunir les fonds nécessaires pour aller au bout de notre mission.  Pour ceux qui se demanderaient pourquoi nous n’utilisons pas le chèque que nous avons reçu, sachez qu’il est hors de question que nous touchions à cette donation car celle ci est prévue pour rénover les toilettes de l’école et nous tiendrons notre promesse aussi bien vis à vis de la communauté que de nos généreux donateurs. J’espère que vous pouvez comprendre ça. Dans la mesure où nous ne savons pas encore quand nous réussirons à recevoir ces colis, nous ne pouvons pas nous permettre de décevoir deux fois la communauté de Jatun Yacu.

Sachez encore que chacun de ceux qui aura fait un don recevra l’année prochaine un récapitulatif pour être exonéré des impôts. Et oui, nous sommes une association officielle inscrite au fichier de l’INSEE qui nous permet de vous faire ces attestations qui permettent une exonération de 66%. Nous remercions donc d’avance tous ceux qui contribueront à nous aider financièrement pour la réception des colis mais aussi ceux qui souhaiteraient nous aider tout simplement.

Dans tous les cas, nous ne lâcherons rien. Nous sommes proches du but. Il est normal que les premières fois soient difficiles. Nous ne connaissons pas tous les rouages, il y a encore tellement de choses à apprendre. Et nous les apprenons par la force des choses. Et c’est comme ça que nous avancerons encore. En apprenant…

Une belle soirée à tous et merci à ceux qui nous lisent, ceux qui nous suivent et nous soutiennent d’une façon ou d’une autre

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